août 1

Poipoipanda - Jérôme d’Aviau

Posté dans Auteurs BD par Cinaee

Tout d’abord, peux-tu te présenter pour nos lecteurs ircubiens ?

Bonjour les ircubiennes et ircubiens, je suis Jérôme d’Aviau, alias Poipoipanda, auteur de BD assidu et blogger cyclothymique, le tout depuis 2 ans et quelques. J’entretiens assez irrégulièrement mon blog, “la tanière du poipoipanda”, petit labo graphique et prétexte à faire croire que ma vie est un roman et faire l’interessant. Ceci dit, ça marche pas trop mal, puisque depuis que j’ai ouvert ce blog, je suis devenu auteur de BD à plein temps. J’ai sorti 3 bouquins (une toute petite BD “le grand saut”, une BD classique “soulhunters”, et une bande dessinée plus dans la tendance actuelle “ce qu’il en reste”, j’en parle plus longuement plus bas) à côté de ça, je collabore tous les mois depuis 1 an à “Tchô!”, le magazine de Titeuf, où je fais différentes rubriques, et une série (à paraitre à partir de septembre). J’ai aussi participé pendant un an au magazine “le Psikopat”, où je faisais une page mensuelle.

Comment es-tu devenu «dessinateur BD» ? Est-ce une vocation ? Un hasard ?…

Un hasard, comme à peu près tout ce que j’ai fait dans ma vie ! Un hasard que je prépare depuis ma plus tendre enfance, bien sûr, car je n’ai jamais cessé de dessiner, mais je ne pensais sincèrement pas avoir un trait suffisamment intéressant pour tirer mon épingle du jeu, et je n’aurais jamais osé me lancer si Serge Meirinho ne m’avait pas tenté en me proposant un scénar.

Et le dessin… c’est inné ?

Le dessin c’est comme tout, ça se travaille. Qu’on ait à la base une prédisposition pour s’y intéresser plus qu’aux maths (par exemple ^_^) me semble évident, mais je ne crois pas au “don”. Je ne connais personne qui dessine bien qui n’ai pas dessiné énormément avant. Considérer le dessin comme “inné” c’est prendre les gens qui essaient de vivre du dessin, ou qui y arrivent pour des fainéants. Ce que la plupart ne sont pas, je vous l’assure ! Personnellement, je n’ai pas suivi de formation artistique, j’ai quelques diplômes, mais rien à voir avec le dessin.

Comment se déroule ton activité créatrice ?

Et bien on me propose des projets, je me lance ^^ Blague à part, j’ai la chance de ne pas avoir eu à galérer pour commencer. Serge Meirinho, qui connaissait mes dessins car nous bossions dans la même boite, m’a proposé mon premier projet, qui a été accepté très vite (même si ça s’est mal passé ensuite…) et 6 mois après l’ouverture de mon blog, j’attaquais mon deuxième livre, je commençais à bosser pour “le Psikopat”. Peu après, j’ai fait mon petit bouquin “le grand saut”, Tchô! me contactait… C’est d’avoir été sollicité qui m’a motivé, et qui continue de me faire avancer. J’ai beaucoup plus de mal à bosser seul, sans savoir où je vais. Ça n’est pas pour rien qu’il m’a fallu un an et demi pour oser proposer une série à Tchô!

Peux-tu nous parler de ton métier ?

Je suis dessinateur de bande dessinées, c’est à dire que je mets en scène des histoires que d’autres écrivent. Après, tout dépend de la relation qu’on entretien avec le scénariste, ça peut aller de la simple exécution sur une histoire très détaillée, au réel travail de création à partir d’une histoire esquissée. Etant aussi auteur (c’est à dire scénariste ET dessinateur), je peux difficilement dessiner une histoire si je ne l’ai pas un peu réécrite (je suis un emmerdeur de première ^_^) D’un point de vue plus terre à terre, je me débarrasse assez vite de l’écrit, je travaille avec pas ou peu de documentation (c’est maaaaaaaaaaaaaal !). En clair, je lis l’histoire, je trace les personnages que j’y ai vus, j’en fais un storyboard rapide ou je cale à peu près les textes et les situations, cadrages. Ma petite manie à ce stade est de faire tout ça sur un seul carnet, et seulement sur ce carnet, où on peut suivre tout le processus, les différent essais, les recherches, les errances, tout. Ensuite, j’attaque les pages directement en grand format (60×40 cm environ) Je bosse depuis un an et demi dans un atelier prestigieux entouré de gens absolument fabuleux, tous dans la bande dessinée, et c’est un plaisir et une motivation que de travailler dans ces conditions !

Quelles sont tes techniques préférées (logiciels, matériel utilisé…) ?

Je bosse en “traditionnel”, c’est à dire pinceau et encre de chine sur papier. Ensuite, je scanne, retouche si il y a besoin, et j’envoie au coloriste s’il y en a un qui doit intervenir, sur photoshop (sauf pour mes rubriques dans Tchô! où je fais moi même mes couleurs, à la tablette graphique, donc). Les rares fois où je bosse direct à l’ordi, j’utilise l’outil pinceau de Flash, qui est de loin le meilleur que je connaisse pour conserver la nervosité de mon trait au pinceau “réel”.

Concernant ton blog : Peux-tu présenter ton blog ?

C’est un pseudo journal intime, puisque si tout a une base réelle, tout y est exagéré, déformé, embellit. On appelle ça de l’autofiction. Je parle de moi (beaucoup), de ma famille (un peu), de mes aventures (quand elles m’arrivent) Je m’en sers aussi régulièrement pour y exposer un peu mon boulot.

Comment en es-tu venu à blogguer ?

Un copain (Anton) m’a fait découvrir les blogs avec celui de Boulet. “La tanière du poipoipanda” était à la base un moyen de partager des dessins avec mes potes et anciens collègues, mais j’ai été le seul à poster. Je remercie chaudement mes copains qui n’ont pas participé et qui aurait pu me voler la vedette ! ^_^

Quel est ton objectif premier quand tu bloggues ?

Faire sourire les gens qui y passent en partageant un peu du plaisir que je peux avoir en dessinant sans trop de contraintes.

Quels sont tes lecteurs aujourd’hui ?

Quelques copains, et des tas de gens que je connais pas en vrai!

Combien de temps passes-tu sur tes notes (par jour/par semaine) ?

C’est extrêmement variable. Ça peut aller de 2H/jour à que dalle pendant un mois…

Et en dehors des blogs où peut-on voir ton travail ?

En librairie dans mes livres, en kiosque dans “Tchô!”.

As-tu publié des albums ? Si oui, peux-tu les présenter ?

“soulhunters” sous le pseudo “Jeroda”, avec Serge Meirinho au scénario. 48 pages cartonné-couleur éditions Soleil 2006. Ça devait être une série, mais officiellement, suite à un gros problème avec le coloriste, l’éditeur a préféré arrêter la série au tome 1, sans prévenir… “Le Grand Saut”, sous le pseudo “poipoipanda”, 12 pages couleurs éditions Danger Public, collection Miniblog 2006. C’était une histoire que j’avais raconté sur mon blog. On devait normalement en faire une spéciale pour cette collection, mais les deux autres que j’ai proposé ont été refusés. Ils voulaient celle là ! Du coup, les autres auteurs de la collection, qui ont eux, EUX, à faire une histoire originale m’en veulent tous à mort ^_^ http://dangerpublic.net/miniblog/index. … grand-saut“Ce Qu’il En Reste”, sous mon (presque) vrai nom Jérôme d’Aviau, avec Loïc Dauvillier au scénario, 96 pages N&B 21×21 éditions Les Enfants Rouges, 2007. Prix “OVNI” à Toulouse. Une belle rencontre, fortuite elle aussi, avec Loïc, sur un salon où je venais voir Marc Lizano. Je venais juste un moment pour avoir un petit dessin, je suis reparti 3 heures plus tard et avec un projet sous le bras. http://www.enfantsrouges.com/Ce-qu-il-en-reste.html

Pour finir… Quels sont les auteurs qui t’ont inspiré ? Que tu admires ?

Des tas et des tas de gens m’inspirent. En faire une liste serait fastidieux et injuste ! Pour ne pas totalement me défiler, je vais en citer quelques uns tout de même : Charles Burns, Daniel Clowes, Julie Doucet, Giraud/Moëbius, Joann Sfar, Christophe Blain, Blutch, Franquin, Gotlib, Mandryka, Lewis Trondheim, Winschluss, Craig Thompson, Chester Brown, Bill Watterson, Akira Toriyama et plein plein plein d’autres. Pour citer quelques personnes/connaissances/amis dans le petit monde des blogs, il y a Boulet, Lisa Mandel, Aude Picault, Libon, Natacha Sicaud, Tanxxx, Erwann Surcouf et des tas d’autres encore ! J’ai une tendance à être fan, c’est affreux ^_^

As-tu des projets artistiques ? Si oui, peux-tu nous en parler ?

Des livres, plein de livres, des tonnes de livres ! En premier, ma série dans Tchô!, ma premiere BD seul ! En vérité, c’est l’adaptation d’un univers que j’avais développé pour un jeu vidéo il y a presque 10 ans. Ensuite, la suite et fin de “Ce Qu’il En Reste”, un bon pavé prévu pour l’année prochaine. Le chaleureux accueil du premier opus nous motive et nous met la pression pour ne pas décevoir ! Loïc travaille actuellement sur l’écriture. Plus loin, je compte bien faire quelques suite à ma série Tchô!, et j’ai en projet un livre autour de ma paternité, motivé par les nombreuses demandes que j’ai eu suite aux petites histoires sur ce sujet que j’ai posté sur mon blog. Et puis il y a toujours les projets merveilleux qu’on ne m’a pas encore proposé !

As-tu prévu des partenariats avec d’autres dessinateurs ?

Oui ! Fin sept sortira “Nous n’irons plus ensemble au canal St-Martin”, un livre collectif, avec au scénario Sibylline, toute jeune scénariste dont on va entendre parler très bientôt et Loïc Dauvillier (encore lui ^_^) qui ont écrit trois nouvelles, dessinées par Capucine (”corps de rêve”, “le philibert de marilou” avec Olivier Ka, le cycliste, et son blog “mouton benzene” avec le fabuleux Libon) et François Ravard (”le portrait” carabas) http://loicdauvillier.over-blog.com/
http://www.turbolapin.com/blog/
http://francoisravard.canalblog.com/

Un lien de site, blog, que nos lecteurs puissent visiter ou que tu aimerais nous faire partager ?

Faite un tour dans ma colonne de lien, tout est bien ^_^

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