Loïc Chahine
Dans un premier temps, peux-tu te présenter à nos lecteurs ircubiens.
Je suis étudiant en Lettres et je viens d’ailleurs de valider ma licence. Je vais commencer un master recherche en septembre à l’université de Nantes.
Par ailleurs je fais de la musique et du théâtre musical.
Qu’est-ce le théâtre musical ?
Par théâtre musical, j’entends un théâtre qui va mélanger le parlé et le chanté. Donc qui fait souvent alterner parlé et chanter comme cela peut être le cas dans l’opéra comique du XIXe siècle et l’opérette qui en découle. Ce sont des genres qui ont une exigence musicale très lourde. Il est nécessaire d’avoir de vrais musiciens qui sont comédiens pour par ailleurs animés les dialogues. Ce qui est un peu difficile à notre niveau amateur. Parfois les personnes sont même totalement débutantes. Grâce à la fac, j’ai totalement découvert le théâtre de la Foire.
Il faut savoir qu’un XVIII on a une forme de théâtre qu’on commence à redécouvrir. C’est justement le théâtre de la Foire qui se présente sous de multiples formes et genres : pantomime, des pièces par écriteaux (où le texte est chanté par le public avec le texte qui descend sur des ceintres), des opéras comiques qui sont entièrement chantés sur des airs connus et populaires de l’époque. Cela peut être des pièces pour marionnettes ou des vrais acteurs, ainsi que des parodies. Tous ces genres peuvent se mélanger puisqu’on a des pantomime parodies par exemple. Ces genres ne sont donc pas clos sur eux-mêmes.
Ce qui m’intéresse le plus dans tout cela, ce sont les pièces mélangeant parlé et chanté. Parce que la plupart des pièces ne le font pas. En particulier les parodies d’opéras ou de tragédies. Mais plutôt des parodies d’opéras étant donné que je suis fan de musique avant tout.
D’où vient cet intérêt pour le théâtre de la Foire ?
En fait, c’est une assez longue histoire que je vais résumer à grands traits. L’an dernier j’ai été recruté par Françoise Rubellin (professeur à l’université de Nantes) pour éditer l’appendice musical dans un livre qu’elle préparait à ce moment là avec son équipe. Ce livre Pyrame et Thisbé, un opéra au miroir de ses parodies 1756-1779. C’est un livre qui a été fait à l’occasion de la reprise par le théâtre Graslin et l’ensemble Stradivaria de cet opéra Pyrame et Thisbé de François Rebel et François Francœur. C’est un opéra datant de 1726 qui a été repris quatre fois et parodié cinq fois tout au long du XVIIIé. Les opéras qui avaient du succès à l’époque étaient systématiquement parodiés. Ce que Françoise avait donc choisi de faire était de réunir les textes des opéras et les cinq parodies qu’on a retrouvé. Elles ont été transcrites et édité. La première de ces parodies du théâtre italien est celle dont j’ai du m’occuper dans un premier temps parce que ce sont les airs de sept parodies que j’ai transcris et édité pour l’appendice musical qui est en fin de volume. Le travail qui m’a été dévolu, qui est le même de lorsqu’on cherche à remonter une parodie du XVIII. C’est donc d’abord un travail de recherche des airs souvent éparpillés puis de transcriptions en notation moderne. La notation du XVIII est proche de la notation moderne, seuls quelques points de détails varient. Et le gros du travail, c’est de faire correspondre les paroles qui sont dans le texte imprimé avec la musique de ces airs. C’est là qu’on peut avoir un problème car il y a toujours des moments où cela ne colle pas. On cherche alors des solutions qu’on trouve heureusement.
J’en suis arrivé à remonter une pièce tout simplement pour la montrer afin de surprendre un peu tout ceux qui avaient pu travailler dans ce volume. J’ai réunis trois de mes amis puis on a fait une relecture d’une des parodies qui est en fait la plus courte et la plus efficace puisqu’elle va droit au but. J’ai fait un travail de recherche des airs mais je ne les ai pas tous trouvé. Donc j’ai remplacé ceux que je ne trouvais pas par d’autres qui avaient à peu près la même métrique. Ensuite l’aspect pratique, j’ai pensé que ces airs étaient écrits dans la même tonalité mais tout le monde n’a pas la même voix donc il a fallu les adapter aux chanteurs en les transposant. Enfin nous avons joué à l’issue d’une séance d’une séance de travail à l’université de Nantes. Surprise, cela a plu et même beaucoup. Puis quelqu’un qui est devenu ensuite une amie, Judith Le Blanc qui achève sa thèse sur la parodie d’opéra à Paris, m’a demandé de revenir jouer cette parodie à l’occasion d’une journée d’étude qu’elle organisait en janvier 2008. J’ai accepté et puis je me suis dit « tant qu’à remonter cette parodie, autant la remonter réellement ». J’ai donc décidé que nous allions la rejouer à Nantes : au pôle étudiant et au théâtre universitaire. Les deux institutions ont acceptés, le T.U nous a d’ailleurs accueilli pendant son festival. J’ai alors commencé à faire un travail plus approfondi. Résultat nous avons joué le 5 mars et le 10 avril à Nantes. Là encore : succès. Les deux fois, c’étaient des petites salles mais pleines avec un public enthousiaste.
On a donc du se doter d’un nom de compagnie : Nous sommes donc la compagnie Le Carnaval du Parnasse.

As-tu d’autres projets de prévus ?
Évidemment. Pour la saison prochaine, on remonte une nouvelle parodie. Cette fois j’ai décidé de m’attaquer à une parodie d’Isis. C’est un opéra de 1677 avec une musique de Lully et texte de Quinault. De cette opéra il existe trois parodies et demi puisque la dernière est un cas particulier. En effet nous avons de l’une d’elles trois versions différentes. Voilà pourquoi je dis trois et demi. Là je suis dans la première étape soit la transcription des manuscrits puisqu’ils n’ont pas été édités au XVIII. Et ensuite j’ai l’intention de mélanger les trois parodies pour faire un spectacle assez complet parce qu’il n’y a aucune qui ne me satisfasse réellement. En fait l’idée de départ était de compléter l’idée de la parodie.
Pour septembre/octobre au plus tard je devrais avoir édité tout cela. Et ensuite on commence à recruter. Pour la parodie d’Isis, si nous allons toujours au festival du T.U. Ce qui est fort possible puisqu’on a eu un super accueil lors de notre première édition là bas. Alors rendez-vous sans doute début avril 2009 au T.u. !
Ensuite à plus long terme, pour la compagnie, j’ai le projet un peu lourd de créer une pantomime ce qui est très difficile car on a quasiment rien à ce sujet. On a les textes mais souvent pas la musique. Il y a une pour laquelle on a la musique et c’est Pauline Beaucé qui me l’a signalé. Ce serait un projet à plus long terme dans un idéal… Mais bon cela demande beaucoup de travail et je pense qu’il y a beaucoup de recherche à faire avant de pouvoir le monter sur scène.
Et d’un point de vue personnel ?
D’un point de vue personnel, j’aimerais retravailler le chant ce que je n’ai pas eu l’occasion de faire car j’ai beaucoup de travail avec la Licence. Ceci afin de chanter aussi des pièces musicales des « vraies » musiques. Là par exemple j’ai un projet avec des cantates de Händel. Sinon des projets de recherche bien entendu avec le master, et là je devrais normalement travailler sur la pastorale et ses parodies. J’espère que ce travail théorique pourra déboucher sur un création pratique : une mise en scène, une lecture… Le sujet de mon mémoire est encore dans le vague mais j’espère que cela aura un aspect pratique. Toujours dans la case recherche, je travaille actuellement sur l’appendice musical d’un autre livre Un montre au théâtre : réécritures parodiques du mythe de Médée au XVIIIe siècle, sous la direction d’Isabelle Degauque (maître de conférences à l’université de Nantes) édition Espace 34 à paraître fin 2008. C’est un projet dans lequel il y aura des parodies et la musique de deux parodies cette fois. On progresse ! Dont une qui est à mon avis un vrai chef d’œuvre : C’est Thésée de Favart. Et rien que pour cette pièce je pense que le bouquin vaut être lu. Je recherche toutes les musiques, c’est très long car très dur à trouver. Et puis on commence bientôt avec Françoise Rubellin l’édition du Théâtre Comique complet d’Alexis Piron dans lequel j’aurais la charge de l’édition de trois pièces et de l’appendice musical. Je conseille par ailleurs particulièrement la parodie d’Atys et la Rose qui est assez grivoise et drôle (l’histoire d’une jeune fille voulant perdre son pucelage). Il y aura plein de pièces génial de toute façon dans ce recueil.
D’autres hobbies ?
En plus de tout ça ? Je m’intéresse aussi beaucoup aux langues étrangères. J’ai l’intention de me remettre au russe cet été que j’ai déjà étudié pendant quatre ans.

Merci à toi

















































































































octobre 11th, 2008 à 9:51
Intéressante cette interview.
Je ne connaissais pas ce genre de théâtre.
Merci
novembre 10th, 2009 à 10:04
J’aime ton univers. Je désirerais en savoir davantage sur cette passion qui te rend si unique.
Merci de me toucher au cœur.
Cunégonde.
novembre 17th, 2009 à 11:41
bonjour
pouvez-vous me contacter sur mon mail bochsa@voila.fr et me laisser des coordonnées pr vs joindre. Auteur de plusieurs ouvrages publiés sur des personnages du monde de la musique et de la littérature du XIXe siècle, je suis en cours de recherche sur un fameux directeur de théâtre du XVIIIe…merci. Pour info, qq infos sur mes ouvrages : http://etiennedejouy.site.voila.fr http://bochsa.site.voila.fr http://louisjullien.site.voila.fr
MF