Gengiskahn

Tout d’abord, peux-tu te présenter pour nos lecteurs ircubiens ?
Bonjour à vous Ircubiennes et Ircubiens, Je m’appelle Grégory Lê, si le dessin est ma plus grande passion depuis toujours, je ne suis illustrateur/infographiste freelance que depuis 2 ans. Je suis un grand fan de films d’horreur et de fantastique, et il n’y a pas une journée où je ne peux me passer d’écouter de la musique (du métal en général!), elle m’accompagne dans toutes mes créations!

« Gengiskahn », d’où te vient cette signature ?
A l’époque, je cherchais un pseudo et comme celui de “Greg” était déjà pris (par le dessinateur d’Achille Talon), je me suis mis à regarder du côté de mes origines vietnamiennes, mon grand père paternel s’appelait “Kahn”, et puis ma passion pour l’Histoire et plus particulièrement celle de “Gengis Khan” a fait le reste. J’ai donc fait un compromis entre le prénom de mon grand-père (en gardant son orthographe) et celui du conquérant qui était à la fois un guerrier redoutable et un empereur éclairé.

Comment es-tu devenu illustrateur ?
Enfant, j’ai toujours entendu que je ne gagnerais pas ma vie en faisant cela!
Après mon bac L, je n’avais pas les moyens d’intégrer une école de dessin animé ou de BD, j’ai donc opté pour les Beaux-Arts de Metz, j’y suis resté 1 année… Après je suis allé en fac d’arts plastiques où la BD et les dessins animés n’ont pas vraiment leur place, j’ai quand même tenu bon jusqu’à la maîtrise que j’ai passé à Strasbourg, en ne sachant pas vraiment ce que j’allais faire après… Qu’est c’qu’on peut bien faire avec une maîtrise d’Arts Plastiques finalement? Prof d’arts plastiques ou passer des concours pour être prof de dessins. Mouais bof. J’ai préféré m’orienter vers un DESS Image de synthèse, ça a été une très belle expérience humaine, une année très instructive et enrichissante. Ce diplôme en poche, j’ai vité déchanté, j’ai enchainé des stages genre “esclavage moderne” dans des boites diverses : communication, pub, dessin animé… Et comme bien sûr ces stages dit “de formation” n’étaient pas rémunérés, j’ai dû enchainer les p’tits boulots (éboueur, déménageur…) tout en continuant à envoyer mes CVs et à prendre des rendez-vous pour des entretiens. Sans succès. Au bout d’un an d’errance, j’ai finalement décidé de tenter le tout pour le tout en devenant illustrateur/infographiste freelance, j’ai pu saisir des opportunités dès les débuts de mon activité et me lancer franchement. Après le bouche à oreille a fait son petit effet.

Et le dessin… c’est inné ?
Dans mon souvenir, j’ai toujours eu un crayon à la main, dès mes 3 ans je remplissais des cahiers entiers de gribouillis, j’essayais de représenter les héros de dessins animés ou de BD de ma jeunesse et ensuite de matérialiser ce que j’avais dans la tête : mes personnages et mes univers. Et puis à l’âge où d’autres abandonnent les crayons, moi j’ai continué à gribouiller et je ne me suis plus arrêté depuis. ça fait quand même 26 ans de pratique!

Comment en viens-tu à créer ?
Heu… difficile à dire… ça peut venir de n’importe quoi, un rêve, un cauchemar, un film, un lieu, une situation… Tout ce qui me passe par la tête et je noircis les pages de mes cahiers, certains dessins resteront au stade de crayonné et d’autres finiront par être des illustrations. Mais c’est très frustrant car je n’arrive jamais à représenter l’image que j’avais en tête, celle-ci est toujours altérer par l’interprétation qu’en fait ma main !

Peux-tu nous parler de ton métier ?
Je me vois un peu comme un mercenaire du dessin. J’essaie de me diversifier au maximum pour pouvoir proposer une large palette de services, car vivre d’une passion c’est une chance mais cela implique aussi de grandes responsabilités (c’est pas dans un film ça?), il faut pouvoir en vivre.
Chaque projet est différent et c’est à chaque fois une nouvelle rencontre, une nouvelle expérience et un nouveau challenge. Même si au départ, il y a un travail d’équipe à la base, il y a ce côté solitaire par la suite qui me convient bien. J’avoue que j’ai eu plus de mal pour tout le côté business, négociation et administration, mais avec le temps, je m’en sors de mieux en mieux.

Quelles sont les méthodes que tu utilises en général pour faire tes illustrations (logiciels, matériel utilisé…) ?
En général, ça commence toujours de la même façon, une séance intense de crayonné. Après je peux encrer ou directement scanner et passer par une colorisation via Photoshop.

Tes illustrations sont souvent très glauques, très noires… pourquoi ce style ? Sont-elles l’expression de pulsions meurtrières refoulées ? (
)
Hé! Hé! C’est une remarque que l’on me fait souvent : “le pauvre, il a dû avoir une enfance difficile!”.
Fou de contes de fées depuis l’enfance, j’ai toujours aimé ce mélange indissociable de peur et d’émerveillement. J’étais fasciné par les monstres qui peuplaient ces univers. Et puis a 8 ans, j’ai été traumatisé à la vision du film “The Thing” de John Carpenter, après ce choc visuel j’ai commencé à dessiner des monstres et des êtres difformes au grand désarroi de mon entourage. Par la suite, je suis devenu un fan de films fantastique et d’horreur, c’est pour moi le genre le plus libre qui existe, il n’y a de barrières que celle de son imagination.

Pour finir…
Quels sont les auteurs qui t’ont inspiré ? Que tu admires ?
Pour la BD : Hugo Pratt, Lewis Trondheim, Moebius, Dionnet, Druillet, Jiro Taniguchi, Alan Moore, Frank Miller.
Pour le cinéma : John Carpenter, Guillermo Del Toro, Hayao Miyazaki, Jim Henson, Tim Burton, Peter Jackson.
As-tu des projets artistiques ? Si oui, peux-tu nous en parler ?
Effectivement, avec un ami, nous avons un projet de BD d’héroïc-fantasy : NEFAST. C’est une aventure épique, décalée et légèrement gore où 2 personnages, Pigwill le Korg-Porc et Browny le gnome aérien, voleurs et parias, vont être, sans le vouloir, étroitement liés au destin de leur monde. J’avais envie de raconter une histoire, de sortir de la simple illustration et de faire vivre des personnages. C’est aussi un hommage à tout un univers cinématographique qui, de mon enfance jusqu’à aujourd’hui m’émerveille toujours, des films tels que Dark crystal, Labyrinth, Willow, Star Wars, Princesse Mononoké, etc.
Malheureusement, notre dossier n’a rencontré jusqu’à présent que des refus de la part des éditeurs. Mais je persévère et tente d’améliorer mes planches et l’histoire dès que je le peux, car même si c’est un projet personnel qui me tient à coeur, il passe après les projets professionnels.
J’ai des tonnes d’autres projets en tête mais je n’ai pas le temps de les concrétiser…
Dans l’immédiat, je vais m’occuper de la réalisation de pochettes d’albums : le 1er album d’EDENFALL (métal symphonique) et le 2ème album du groupe VACH’ 2 ZOO (ska rock).
As-tu prévu des partenariats avec d’autres dessinateurs ?
Malheureusement pas pour l’instant.
Un lien de site, blog, que nos lecteurs puissent visiter ou que tu aimerais nous faire partager ?
Et bien, je vais tout d’abord me faire un peu de pub, mon site : http://www.kahn-illustrateur.com/ et mon “myspace” : http://www.myspace.com/gkartwork/
Et dans un domaine tout à fait différent, voici un merveilleux site où j’aime me retrouver de temps en temps, celui du photographe Grégory Colbert qui immortalise à travers ses clichés l’interaction entre l’homme et l’animal dans ce qu’elle a de plus noble. C’est plus qu’un site internet, c’est un voyage initiatique à travers des photos oniriques et sublimes! http://www.ashesandsnow.org/
Un grand merci à toi Cinaee et longue vie à Ircube!
Gengiskahn Artwork demo
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