Archives pour: 'Poètes'
Pascal Villaret
Date de l’interview : Février 2008
Tout d’abord, peux-tu te présenter pour nos lecteurs ircubiens ?
Pascal Villaret, français, alésien, auteur de nombreux poèmes et également de proses diverses (articles, nouvelles), aîné de trois frères (1970, 1974, 1980), fils d’un professeur d’Éducation Physique et Sportive et d’une mère femme au foyer, sans emploi, touchant une allocation adulte handicapé pour cause de problèmes d’ordre psychiatrique, célibataire sans enfants, habitant chez ses parents depuis 3 ans, hétérosexuel, non-fumeur depuis juillet 2005 après plus de 10 ans de tabagisme, titulaire d’une douzaine d’électrochocs sous anesthésie générale (sismothérapie), ayant eu le privilège de subir un BAC A1 (littéraire mais avec une option mathématiques) décroché à l’oral de repêchage (en gros l’anglais et les mathématiques m’ont épargné l’échec à l’écrit et le français et la philo m’ont repêché à l’oral). Ancien étudiant en anglais à l’université Paul Valéry de Montpellier (première année validée).
![]()
Comment t’est venue cette passion pour la poésie ?
En ce qui concerne les antécédents:
Mon arrière-grand-mère (doublement maternelle) en écrivait un peu et son père (M. Ferdinand Gache) était professeur de lettres classiques et auteur d’ouvrages de réflexion sur l’éducation, il a aussi écrit un peu de poésie et une nouvelle. Mon grand-père maternel, lui, bien qu’étant par nature pour l’ordre et la discipline (il était docteur généraliste, fils de chirurgien, et gendre d’un directeur des Mines) aimait lui aussi la poésie, surtout Verlaine je crois. Ma mère (licence en sciences économiques) par contre, grande lectrice, ne lisait pas assidûment de la poésie, mais plutôt des romans (divers et variés, policiers notamment). C’est tout de même elle qui m’a lu nombre de livres lorsque j’étais enfant: il faut bien penser que les livres pour enfants sont souvent à base de poésie même si la forme écrite est plus prosaïque que versifiée. Lorsque j’ai su lire j’ai fréquenté assidûment jojo lapin, fantômette et le club des cinq et c’est sans doute bien grâce à elle que j’ai pris un bon départ dans les lettres. Du côté de mon père, l’anticonformisme et l’originalité était de mise: Il avait une affection particulière pour les œuvres de Baudelaire et Rimbaud ainsi, chose tout de même importante pour moi, que pour la mythologie grecque et romaine (la poésie y est bien présente). Chose également importante à noter, mon père s’amusait parfois à me raconter, en guise d’histoire pour m’endormir, ce que j’avais fait pendant la journée, en me transposant en personnage fictif du nom de Passissou. Autre chose importante à noter: mon père aimait s’enregistrer avec un magnétophone (de marque Marrantz) en lecteur de Baudelaire et Rimbaud. Nous avons donc pu l’entendre lire de la poésie en direct et en différé. À noter aussi qu’il nous a lu Gargantua et Pantagruel (Rabelais). Il est même allé jusqu’à nous lire du Marquis de Sade lorsque nous étions plus grands, mais sans doute avec un auditoire moins réceptif. Dernière chose importante: l’humour, que nous avons rencontré par “Christophe” (Georges Colomb -> http://fr.wikipedia.org/wiki/Georges_Colomb), l’auteur (et précurseur) de bandes dessinées (« La famille Fenouillard », « Les facéties du sapeur Camembert », « L’idée fixe du savant Cosinus », « Les malices de Plick et Plock »).
En ce qui concerne le chemin que j’ai suivi:
Il semble que déjà petit j’aimais bien les phrases musicalement amusantes, genre avec assonances et allitérations (“un frou-frou d’ailes fait trembler le feuillage”, vous pouvez remercier ma mère). D’autre part, l’école primaire que j’ai fréquentée n’était pas vraiment une école de cancres (ce n’était pas non plus une école religieuse. Pour l’anecdote, Alexandra Lamy dite Chouchou dans “Un gars, une fille y était). Je ne sais pas quel rôle ça a pu jouer dans la construction de ma personnalité mais j’ai fait de l’épilepsie vers l’âge d’un an et j’ai été traité jusqu’à l’âge de 7 ans (gardénal, dépakine), puis, les crises ayant disparues, ma mère a arrêté progressivement le traitement. D’autre part ma première expérience scolaire (en maternelle) ne fut pas très agréable puisque étant quelque peu agité (vagabond disons) je me suis retrouvé attaché sur une chaise par la maîtresse (par la suite mes parents m’on changé d’école). J’étais assez timide, ce qui sans doute m’a poussé à m’exprimer par écrit plus qu’oralement. Mais en fait, je n’ai commencé à écrire des poèmes qu’après avoir rencontré l’amour et donc l’adolescence et la puberté. Vers l’âge de 15 ans je tombai amoureux fou, mais d’une façon très platonique, d’une fille de 12 ans environ que je voyais au ski pendant les vacances de février chaque année (la fille d’amis-d’amis de mes parents, une savoyarde). Je commençai à essayer de lui écrire une ou des lettres d’amour, (la nuit, dans la clandestinité de mon lit) qui pour la plus grande part (99%) finirent à la corbeille à cause de ma timidité et de mon orgueil aussi. Ce fut de cette façon que j’arrivai à la poésie: par insatisfaction de moi-même (je voulais être parfait). De lettres d’amour jetées en lettres d’amour jetées, je finis par écrire pour le plaisir de me lire. Je cherchais mon plaisir en fait. Mon premier poème fut certainement “Petite fille”. À partir du moment où je compris que ce qui m’importait était d’être fier de moi, je compris aussi que je n’avais pas besoin de la prison scolaire pour m’exprimer, et assumai alors mon personnage d’auteur authentique. La poésie cependant s’imposa à moi un peu comme un souvenir de cet amour épistolaire sans cesse manqué. Au fond de moi je continuai à écrire des lettres sous forme de poèmes. En fait je n’avais pas trouvé la reconnaissance tant désirée. La poésie et l’écriture ne sont que cela: une recherche de reconnaissance (amour, amitié, argent, ce qu’on voudra).
Quel est ton nom de plume ? Ça a toujours été le même ?
Je ne sais pas. Mon vrai nom sans doute. Je me suis bien sûr amusé à me créer des doubles. Lorsque enfant je jouais aux playmobils (ou autre) mon pseudonyme était ptit-crab (et le méchant était gros-crab, ou les mèchs au pluriel). Lors de ma période rimbaldienne je me suis créé un double du nom d’Alcide Vilon. Actuellement je suis BigSicret (avec ou sans majuscules, prononcer bigsicraite). Pourquoi bigsicret ? Sans doute parce que je me sens tellement anonyme, inconnu, solitaire et mal-aimé que je me considère comme un gros secret que personne ne connaît à part moi. Mais avec cette interview ça va peut-être changer. Oui vous avez remarqué que c’était du franglais, bravo. Effectivement je me sens autant français qu’un prisonnier se sent libre. C’est un clin d’œil pour dire aux francophones et aux anglophones que je ne suis pas leur propriété, mais qu’ils ne me sont pas indifférents. Ça peut être utile, sur internet par exemple. Et puis la société humaine n’est-elle pas construite sur le culte du secret ?
Peux-tu nous parler de ton livre « Révolte sans âme » paru chez Publibook ?
Ce n’est pas mon premier recueil de poèmes, mais c’est ma première publication de recueil, avec l’espoir de montrer le vrai Pascal Villaret, sans en montrer trop ou pas assez. Je me suis basé sur des textes plutôt anciens, puisque au moment où « Révolte sans âme » a été publié (18 décembre 2001) j’avais déjà écrit ce que l’on peut télécharger actuellement sur mon site soit environ 800 pages (numériques). « Révolte sans âme » représente environ 100 pages sur ces 800. Concernant Publibook, il s’agit d’une start-up internet réchappée de la grande casse de la bulle internet (http://www.publibook.com). On ne peut pas dire que ce soit du compte d’éditeur. Le principe était le suivant: pour une somme modique (mais qui a enflé avec le temps) Publibook publie et imprime à la demande. L’auteur peut lui-même acheter ses livres avec une réduction d’autant plus grande qu’il en achète beaucoup. Le livre est référencé commercialement, avec un numéro ISBN (ou EAN, c’est pareil) qui permet de le commander en librairie. J’ai pu obtenir d’eux un résumé du recueil et un avis. « Révolte sans âme » fait 250 pages soit environ 250 poèmes. J’ai choisi ce titre en pensant à Albert Camus pour la révolte (« L’homme révolté ») et j’ai rajouté sans âme parce que je ne veux pas qu’on m’emmerde avec la religion (nb: Il existe un roman qui porte presque le même titre: « La révolte sans âme ». C’est un hasard complet, j’ignorais son existence lorsque j’ai choisi mon titre). Ce n’est pas mon seul livre: On peut aussi acheter « Vingt mille lieues sous le WEB » aux éditions Le Manuscrit (http://www.manuscrit.com encore une start-up je suppose). Là aussi ça ressemble à du compte d’auteur mais avec un référencement commercial (ISBN, EAN). Par contre la publication est entièrement gratuite. Enfin j’entends par là les procédures pour faire exister le livre. Je pense que c’est plus honnête que Publibook quelque part. En ce qui concerne ce recueil-là, il respecte mon mode de fonctionnement: en gros je mets un titre de recueil toutes les 100 pages A4 numériques (caractère: Times, taille: 12) et les poèmes sont rangés de façon chronologiques. Il faut bien dire que mon recueil « Œuvres Poétiques Complètes » n’est pas uniquement chronologique en ce qui concerne ce qui précède le recueil « Mots suivis ». Lorsque j’ai commencé à prendre mon œuvre au sérieux et à la dactylographier, j’ai eu besoin de brouiller les pistes. De plus je n’ai (pratiquement) jamais daté mes textes jusqu’à fin 2004.

Est-il difficile de se faire publier ?
Vous me demandez si je mérite d’être interviewé ? Ne le prenez pas mal, c’est de l’humour. À cette question je répondrai que ce n’est pas vraiment évident et que mon expérience en la matière est limitée. Se faire publier à compte d’éditeur me paraît effectivement difficile. Se faire publier à compte d’auteur est beaucoup plus facile. Le problème d’une publication d’ouvrage réside plus dans la promotion et la distribution que dans la création de l’objet lui-même. Un éditeur sérieux qui parie sur vous organisera votre promotion, communiquera sur votre ouvrage et le distribuera de façon à combler la curiosité que la présentation de l’ouvrage aura suscité. À compte d’auteur, vous ne pouvez compter que sur vous-même pour promouvoir votre livre et payer ses frais d’impression, quant à la distribution elle n’existe pas ou est confidentielle. Je ne suis pas mécontent d’avoir pu trouver des Éditions qui m’ont référencé commercialement et protégé. Hélas je leur laisse 90% de mes droits d’auteur. Bref, bienvenue dans la jungle capitaliste.
Tu proposes également 800 pages de poèmes à télécharger gratuitement,
pourquoi cette démarche de la gratuité et de l’accessibilité ?
Pour me faire remarquer, sortir de l’ordinaire, donner des idées. L’écriture est un point de départ, je suis ouvert à d’autres moyens d’expression, à d’autres médias, à d’autres expériences créatives. Un recueil de poèmes c’est un peu la partie émergée de l’iceberg, on peut aussi plonger pour voir la partie immergée. Et puis je ne peux pas dire que, jusqu’ici, mes recueils m’aient rapporté grand-chose, alors voilà, je propose la gratuité et l’accessibilité par le net pour intéresser les gens, les artistes, les créateurs. Je n’ai jamais su dessiner, mais mes poèmes sont des tableaux représentant des instants de ma vie. Peut-être que, de tableau en tableau, on peut arriver à faire une histoire, un film. J’ai peut-être quelque chose à montrer au monde que ma poésie ne suffit pas à faire remarquer. Ma vie en poèmes n’attend plus que l’oreille attentive d’un traducteur d’art (oui, pour traduire un art en un autre art). Mais je ne suis pas narcissique au point de me mettre au centre de toute création. Je suis ouvert à d’autres idées que les miennes. J’aime le talent.
Quelles sont tes sources d’inspiration lorsque tu écris tes poèmes ?
C’est un vaste sujet. Il fut une époque où je pouvais écrire à la demande, dans la seconde suivant la volonté exprimée par celui ou celle qui aurait pu me demander d’écrire un poème, mais je crois qu’on ne m’a pratiquement jamais demandé d’écrire un poème. La source d’inspiration pouvait être un objet proche de moi, simple point de départ pour un enchaînement d’idées quasi incontrôlable. J’ai bien sur été inspiré par des poètes ou des artistes: Prévert, Thiéfaine, Gainsbourg, Rimbaud, Anne Sylvestre, Jacques Brel, Léo Ferré… En résumé, je dirai que la source d’inspiration dépend directement des circonstances dans lesquelles on se trouve, et de l’humeur bien sur. Actuellement j’écris dans deux circonstances possibles: devant mon ordinateur (comme en ce moment), ou dans mon lit le soir sur un carnet avec un stylo bic. Pourquoi j’ai envie d’écrire ? J’écris en général parce que cela m’évite de me sentir totalement inexistant. Donc la source d’inspiration, c’est l’envie d’exister. Je pense que lors de l’écriture je m’adresse forcément à un public, c’est pratiquement un pléonasme de dire ça, mais quel public ? Cela dépend directement des frustrations présentes. Lors de l’écriture on s’immerge dans un ailleurs désiré, comme dans un rêve, et l’on y prend la place que l’on estime être digne de prendre. L’être humain fonctionne de façon prospective, il s’imagine toujours ailleurs, pour la bonne raison qu’il est toujours ici, sous ses propres yeux, dans son entendement. Quelque part on joue à se réincarner, à se téléporter, à se métamorphoser, sinon on meurt. En ce moment, je n’écris pas un poème, mais je sens vos yeux posés sur mes signes et votre jugement s’affûter. Je suis ici et en même temps je suis chez vous. On appelle ça l’ubiquité. Ou un média. Ou un auteur. Ou le talent.
Des projets à venir ? Un nouveau livre, peut-être ?
Vivre en couple, ne pas finir à la rue, avoir des enfants, ne pas subir la vie, ne pas subir les femmes, ne pas subir les hommes, mourir le plus tard possible, aider les gens. Si je trouve un éditeur sérieux, il y a matière à publication, ce n’est pas la quantité qui manque, quant à la qualité je vous laisse juges. Là où ma créativité peut être utile je pense que je peux être heureux. J’ai une histoire pour les petits à faire illustrer et à publier, si ça intéresse quelqu’un, rendez-vous à cette url pour la lire: http://bigsicret.free.fr/chatonclara.html Mon adresse email est sur mon site, mais lisez bien avant de cliquer dessus, il y a une astuce anti-spam.
As-tu des liens de sites que tu apprécies à nous faire partager ?
http://www.freegan.fr http://www.konace.info http://gastoncoute.free.fr
http://www.erreur404.org http://www.lacabanetrempee.com
http://hou.ba.free.fr http://bouquinstinct.leforumbleu.net/
http://www.desirsdavenir.org/ http://adherer.net/perl/getHtml.pl
http://www.nimportequi.com/
Sur le web et en dehors, où peut-on voir tes écrits ?
Livres:
• Révolte sans âme, Éditions Publibook, EAN 9782748314892
• Vingt mille lieues sous le WEB, Éditions Le Manuscrit, EAN 9782748118469
Sites:
http://bigsicret.free.fr
http://fr.myspace.com/bigsicret
Sites miroirs pas toujours à jour:
http://members.aol.com/pascal037
http://pageperso.aol.fr/pascal037
http://pageperso.aol.fr/bigsicraite
Merci à toi !
No comments


































































